L’amortissement véhicule société permet d’étaler comptablement et fiscalement le coût d’acquisition d’une voiture inscrite à l’actif de l’entreprise sur sa durée d’utilisation. Ce mécanisme réduit chaque année le résultat imposable, mais dans la limite d’un plafond fiscal qui dépend directement des émissions de CO2 du véhicule. Durée, méthode de calcul, plafonds 2026 et cas particuliers des véhicules électriques ou en location : ce guide détaille les règles applicables pour amortir un véhicule de société sans mauvaise surprise fiscale.
Amortissement véhicule société : l’essentiel
- Durée de référence de 5 ans pour un véhicule de tourisme neuf, avec des ajustements selon le type de véhicule.
- Méthode linéaire obligatoire pour les véhicules de tourisme, dégressive réservée aux utilitaires.
- Plafond de déduction fiscale qui varie de 9 900 à 30 000 euros selon les émissions de CO2.
- Part excédentaire au plafond à réintégrer chaque année dans le résultat imposable.
- Aucun amortissement comptable pour un véhicule en LLD ou crédit-bail, remplacé par les loyers en charges.
Barème 2026 : plafonds d’amortissement par véhicule de société
Le code général des impôts limite la part fiscalement déductible de l’amortissement d’un véhicule de tourisme selon son niveau d’émissions de CO2 mesuré au cycle WLTP. Ce plafond s’applique à tout véhicule acquis en 2026, qu’il soit acheté comptant ou à crédit.
| Émissions de CO2 (WLTP) | Type de véhicule | Plafond d’amortissement déductible |
|---|---|---|
| ≤ 20 g/km | Électrique ou très faiblement émetteur | 30 000 € |
| 20 à 49 g/km | Hybride rechargeable | 20 300 € |
| 50 à 160 g/km | Thermique classique ou hybride non rechargeable | 18 300 € |
| > 160 g/km | Véhicule polluant | 9 900 € |
Lorsque le prix d’acquisition dépasse le plafond correspondant, la fraction excédentaire constitue un amortissement non déductible (AND) : elle doit être réintégrée chaque année dans le résultat fiscal de l’entreprise. Un véhicule thermique acheté 30 000 euros et émettant 145 g/km de CO2 sera par exemple plafonné à 18 300 euros, avec 11 700 euros à réintégrer. Les véhicules utilitaires échappent entièrement à ce barème : leur amortissement reste intégralement déductible, quelles que soient leurs émissions.
Qu’est-ce que l’amortissement d’un véhicule de société ?
Dès qu’un véhicule est inscrit à l’actif d’une entreprise, il constitue une immobilisation corporelle au sens comptable. Cela signifie que son coût d’acquisition ne peut pas être déduit en une seule fois : il doit être réparti sur sa durée d’utilisation estimée, une répartition qui reflète la dépréciation progressive du bien, qu’elle soit liée à l’usure mécanique, à l’obsolescence technologique ou à la baisse de sa valeur de revente.
Cet étalement a une double portée. Sur le plan comptable, il diminue chaque année la valeur nette du véhicule inscrite au bilan, en cohérence avec sa valeur économique réelle. Sur le plan fiscal, chaque annuité constitue une charge déductible du résultat imposable, mais uniquement dans la limite du plafond présenté plus haut. C’est pourquoi le choix d’un véhicule pour l’entreprise, abordé plus en détail dans ce guide pour choisir sa voiture de société, ne peut pas s’envisager sans anticiper son traitement en amortissement.
Le suivi de l’amortissement ne s’arrête pas au calcul de l’annuité. Chaque exercice, l’entreprise doit actualiser la valeur nette comptable du véhicule, qui sert ensuite de référence en cas de cession pour déterminer une éventuelle plus-value ou moins-value imposable. Il est également recommandé de revoir régulièrement l’usage réel du véhicule et la durée de vie utile retenue, notamment si un changement de fiscalité vient modifier les seuils de déduction applicables.
Quelle durée d’amortissement pour un véhicule de société ?
La durée d’amortissement correspond à la période sur laquelle la valeur d’acquisition du véhicule est répartie et déduite. Pour un véhicule de tourisme neuf, la durée de référence est de 5 ans, ce qui correspond approximativement à sa durée de vie économique moyenne en usage professionnel.
Cette durée n’est cependant pas figée et doit refléter la réalité d’usage du véhicule :
- 4 ans pour certains véhicules électriques ou hybrides légers, moins exposés à l’usure mécanique.
- 3 à 4 ans pour un véhicule d’occasion, déjà partiellement déprécié au moment de l’achat.
- 6 à 8 ans pour un véhicule utilitaire utilisé de façon intensive ou un poids lourd.
Le choix de la durée doit toujours être justifiable au regard de la politique de renouvellement de la flotte et de l’intensité réelle d’usage du véhicule, un point que l’entreprise a intérêt à documenter dès l’acquisition pour limiter tout risque de redressement.
Amortissement linéaire ou dégressif : quelle méthode choisir ?
Deux méthodes de calcul coexistent pour amortir un véhicule de société, mais leur usage n’est pas libre : le type de véhicule conditionne la méthode autorisée.
L’amortissement linéaire répartit le coût d’acquisition de façon strictement égale sur toute la durée retenue. C’est la seule méthode admise pour les véhicules de tourisme classiques. Sur une durée de 5 ans, le taux annuel appliqué est donc mécaniquement de 20 %.
L’amortissement dégressif déduit une part plus importante du coût dès les premières années, puis une part décroissante appliquée à la valeur résiduelle. Cette méthode est réservée aux véhicules utilitaires, aux véhicules de transport collectif ou à certains biens d’équipement professionnels : elle ne s’applique jamais à un véhicule de tourisme, même utilisé à titre professionnel.
Comment calculer l’amortissement d’un véhicule de société ?
Le calcul suit une logique en plusieurs étapes. Le point de départ est le coût d’acquisition du véhicule : le prix d’achat TTC ou HT selon que l’entreprise récupère ou non la TVA, auquel s’ajoutent les frais de mise en service (carte grise, livraison) et les taxes non déductibles comme le malus écologique. Cette base sert ensuite à appliquer la méthode retenue, puis le plafond fiscal en fonction des émissions de CO2 du véhicule.
Sur la TVA justement, la règle générale reste la non-récupération pour un véhicule de tourisme (VP) : la base amortissable se calcule alors TTC. Des exceptions existent pour certaines activités, comme les auto-écoles ou les exploitants de taxis et VTC, ainsi que pour les véhicules utilitaires (VUL), qui ouvrent droit à récupération de la TVA et se calculent donc HT, ce qui abaisse d’autant leur coût d’acquisition fiscal.
Exemple en méthode linéaire
Une entreprise achète un véhicule de tourisme 25 000 euros, amorti sur 5 ans. L’annuité déductible s’élève à 25 000 / 5, soit 5 000 euros par an, sous réserve que ce montant reste dans la limite du plafond applicable selon les émissions de CO2 du véhicule.
Exemple en méthode dégressive
Pour un véhicule utilitaire acquis 25 000 euros avec un taux dégressif de 25 %, la première annuité s’élève à 6 250 euros (25 % de 25 000 euros). La deuxième année, le taux s’applique à la valeur résiduelle de 18 750 euros, soit une annuité de 4 687,50 euros, et ainsi de suite jusqu’à l’amortissement complet du véhicule.
Véhicule électrique, LLD ou crédit-bail : les cas particuliers
Véhicule électrique et hybride
Les véhicules 100 % électriques bénéficient du plafond de déduction le plus favorable, à 30 000 euros contre 18 300 euros pour un thermique classique émettant entre 50 et 160 g/km. Un avantage supplémentaire existe depuis 2026 : lorsque la batterie figure comme un poste distinct sur la facture, elle peut être amortie séparément, sans être soumise au plafond applicable au reste du véhicule. Ce traitement fiscal favorable des véhicules à faibles émissions s’accompagne d’autres évolutions notables pour l’entreprise, notamment sur le calcul de l’avantage en nature voiture accordé aux salariés qui en disposent, dont les règles ont elles aussi évolué en 2026.
LLD et crédit-bail, un amortissement fictif à connaître
Un véhicule en location longue durée ou en crédit-bail n’entre pas au bilan de l’entreprise, qui n’en est pas propriétaire : aucun amortissement comptable n’est donc constaté. Les loyers versés sont directement enregistrés en charges déductibles, pour leur montant réel. Un mécanisme correctif existe cependant : si le loyer intègre une part correspondant à un véhicule dont le prix dépasse le plafond fiscal, un amortissement fictif excédentaire doit être réintégré au résultat imposable, exactement comme pour un véhicule amorti classiquement. Ce point mérite d’être vérifié avant de signer un contrat, un arbitrage détaillé dans ce guide sur la location voiture longue durée professionnel, notamment pour les véhicules haut de gamme ou fortement émetteurs de CO2.
Au-delà du seul amortissement, la fiscalité du véhicule d’entreprise s’inscrit dans un calcul de coût plus large : le guide pour optimiser les frais de transport de son entreprise détaille les autres leviers à combiner, du choix du financement à l’éco-conduite, pour maîtriser le coût total de possession de la flotte.
Questions fréquentes
Comment calculer l'amortissement d'un véhicule de société ?
Le calcul part du coût d’acquisition TTC ou HT selon la récupération de TVA, réparti sur la durée d’utilisation retenue. En méthode linéaire, l’annuité correspond simplement au coût d’acquisition divisé par le nombre d’années. Le montant réellement déductible reste toutefois plafonné selon les émissions de CO2 du véhicule, la part excédentaire devant être réintégrée au résultat fiscal.
Quelle est la durée d'amortissement d'un véhicule de société ?
La durée de référence est de 5 ans pour un véhicule de tourisme neuf, ce qui correspond à sa durée de vie économique moyenne. Elle peut descendre à 4 ans pour certains véhicules électriques ou hybrides légers, à 3-4 ans pour un véhicule d’occasion déjà déprécié, et monter jusqu’à 6-8 ans pour un utilitaire fortement sollicité.
Quel est le plafond d'amortissement d'un véhicule utilitaire professionnel ?
Les véhicules utilitaires ne sont pas soumis aux plafonds de déduction applicables aux voitures de tourisme. Leur amortissement est intégralement déductible, sans limite liée aux émissions de CO2, et la TVA sur leur achat est en général récupérable, ce qui abaisse mécaniquement leur coût d’acquisition fiscal.
Quelle est la base amortissable d'un véhicule de tourisme ?
La base amortissable correspond au coût total d’acquisition : le prix d’achat TTC (ou HT si la TVA est récupérable), auquel s’ajoutent les frais de mise en service comme la carte grise, et les taxes non déductibles telles que le malus écologique. C’est sur cette base que s’applique ensuite le plafond fiscal selon les émissions de CO2.
Comment amortir un véhicule de société en LLD ou en crédit-bail ?
Un véhicule en location longue durée ou en crédit-bail n’entre pas au bilan de l’entreprise, qui n’en est pas propriétaire : il ne fait donc l’objet d’aucun amortissement comptable. Les loyers versés sont enregistrés directement en charges déductibles, pour leur montant réel, sous réserve d’un amortissement fictif à réintégrer si le loyer dépasse le plafond fiscal applicable au véhicule.
