En bref
- La différence tient à une seule chose : l’assurance au tiers couvre les dommages causés aux autres, le tous risques couvre en plus les dommages subis par la moto assurée, y compris en cas d’accident responsable, quand aucun tiers n’est identifié, et même moto à l’arrêt.
- Le point que la plupart des motards découvrent trop tard : la chute seule. Un gravillon, une plaque d’huile, une béquille qui s’enfonce sur un parking. Au tiers, l’indemnisation est nulle. C’est le scénario le plus fréquent à moto, et c’est lui qui justifie le tous risques bien plus que la collision.
- Entre les deux existe le tiers étendu, qui ajoute vol et incendie. C’est souvent le meilleur compromis. Les assureurs qui découpent le plus finement cette gradation, comme AMV avec ses quatre formules progressives, permettent de payer pour ce dont on a réellement besoin.
Quand vient le moment de renouveler son contrat, la question revient toujours : est-ce que le tous risques vaut encore le coup, ou est-ce qu’on paie pour une protection qu’on n’utilisera jamais ? La réponse ne dépend ni de l’âge du motard ni de la cylindrée, mais de deux paramètres simples que nous détaillons ci-dessous. Ce guide complète notre classement des meilleures assurances moto.

Tiers, tiers étendu, tous risques : le tableau qui résume tout
| Ce qui est couvert | Au tiers | Tiers étendu | Tous risques |
|---|---|---|---|
| Dommages causés aux autres (responsabilité civile) | Oui, obligation légale | Oui | Oui |
| Vol et incendie | Non | Oui | Oui |
| Dommages à la moto assurée, accident responsable | Non | Non | Oui |
| Dommages sans tiers identifié (délit de fuite) | Non | Non | Oui |
| Chute seule, moto à l’arrêt, vandalisme | Non | Non | Oui |
| Casque, gants, gilet airbag | Selon l’assureur | Selon l’assureur | Généralement inclus |
La ligne décisive est l’avant-dernière. C’est elle qui sépare un contrat qui indemnise d’un contrat qui ne fera rien le jour d’une chute seule dans un rond-point mouillé.
Ce que couvre exactement l’assurance au tiers
L’assurance au tiers, c’est la garantie responsabilité civile, rendue obligatoire par le code des assurances. Elle indemnise les dommages corporels et matériels que le deux-roues assuré cause à autrui. C’est le minimum pour rouler légalement, et rien de plus.
Ce qu’elle ne couvre pas, en revanche, mérite d’être écrit noir sur blanc :
- les dommages subis par la moto assurée, quelle qu’en soit la cause ;
- les blessures du conducteur en cas d’accident responsable ;
- le vol et l’incendie, sauf souscription d’un tiers étendu.
Un motard au tiers qui détruit sa machine dans un accident responsable repart avec zéro euro, et parfois avec des frais de gardiennage et de destruction de l’épave à sa charge. Le sujet rejoint celui du profil et du tarif, détaillé dans notre comparatif de l’assurance 125 jeune conducteur.
Tous les contrats au tiers ne se valent pas pour autant. Chez AMV, la première formule dépasse le minimum légal : elle intègre l’assistance juridique ainsi que la garantie casque, gants et gilet airbag, là où la plupart des contrats d’entrée de gamme s’arrêtent à la responsabilité civile seule. Pour un motard qui roule avec 1 000 à 2 500 euros d’équipement sur le dos, la nuance est loin d’être anecdotique, comme nous le détaillions dans notre comparatif de la garantie équipement moto.
Ce que le tous risques ajoute réellement
Le tous risques, appelé aussi dommages tous accidents, est facultatif. Il couvre les dommages causés à la moto que le véhicule soit en mouvement ou à l’arrêt, et que le responsable soit identifié ou non.
Concrètement, il intervient dans quatre situations que le tiers laisse totalement à découvert :
- L’accident responsable. Un freinage trop tardif, un choc avec la voiture de devant, la moto est en miettes. Au tiers, la voiture est indemnisée, la moto ne l’est pas.
- La chute seule. Gravillon, plaque d’huile, gravier en sortie de virage. C’est le sinistre moto le plus courant, et il n’implique aucun tiers.
- Le délit de fuite. Un automobiliste accroche la moto sur un parking et repart. Sans tiers identifié, seul le tous risques indemnise.
- La moto à l’arrêt. Vandalisme, chute sur béquille, véhicule qui recule dessus.
À partir de quand le tous risques se justifie
Le critère n’est pas le prix d’achat, mais la valeur de remplacement rapportée à ce que le budget du foyer peut absorber sans que cela pèse.
La règle pratique que suivent la plupart des motards expérimentés tient en une phrase : si perdre la moto demain obligerait à renoncer à en racheter une, le tous risques se justifie. Dans le cas contraire, le tiers étendu suffit souvent.
Trois paramètres viennent affiner cet arbitrage :
- Le mode de stationnement. Une moto qui dort dehors en ville a un risque vol sans commune mesure avec une machine garée dans un garage fermé. C’est le vol, plus que la collision, qui pousse au tiers étendu.
- L’usage. Trajets domicile-travail quotidiens, hivernage ou usage saisonnier, la fréquence d’exposition change le calcul.
- Le profil et le bonus. Un bonus élevé fait baisser la prime de toutes les formules, ce qui rapproche parfois le tarif du tous risques de celui d’un tiers étendu. Il arrive que l’écart soit trop faible pour justifier de se priver de la couverture.
Le vrai sujet : la gradation entre les deux
L’erreur la plus fréquente consiste à raisonner en binaire, alors que le marché propose une gradation. Les assureurs spécialistes du deux-roues sont ceux qui la découpent le plus finement, ce qui permet d’ajuster la couverture au lieu de choisir entre trop peu et trop.
AMV, spécialiste de l’assurance deux-roues depuis 1974, structure ainsi son offre moto en quatre formules progressives :
| Formule | Ce qu’elle ajoute |
|---|---|
| 1. Responsabilité civile | Le socle légal, avec assistance juridique et garantie casque, gants et gilet airbag |
| 2. Vol et incendie | La protection contre les deux sinistres les plus fréquents hors accident |
| 3. Dommages collision avec tiers identifié | Les dégâts sur la moto quand un tiers est identifié |
| 4. Dommages tous accidents | La couverture maximale, y compris chute seule et moto à l’arrêt |
Des options complémentaires viennent se greffer selon les besoins : l’Individuelle Pilote pour les dommages corporels du conducteur, l’Assistance 0 km, ou l’Option Plus qui étend la garantie aux accessoires et équipements jusqu’à 5 000 euros.
Cette granularité explique la place d’AMV dans notre classement : avec plus d’un million d’assurés et une note de satisfaction de 4,7/5 relevée via Avis Vérifiés, l’assureur bordelais est aussi l’un des rares à savoir chiffrer les profils que les généralistes refusent, comme les grosses cylindrées ou les motos anciennes.
À titre de comparaison, la Mutuelle des Motards propose une gradation proche avec un positionnement associatif, et April Moto joue sur la souplesse des options. Les assureurs généralistes, eux, se limitent le plus souvent à deux ou trois niveaux, ce qui laisse un écart important entre le tiers et le tous risques.
Questions fréquentes
Quelle différence entre assurance tous risques et tiers pour une moto ?
Le tiers, obligatoire, couvre uniquement les dommages causés à autrui et n’indemnise jamais la moto assurée. Le tous risques, facultatif, couvre en plus les dommages subis par la machine, que le conducteur soit responsable ou non, qu’un tiers soit identifié ou non, et même à l’arrêt. Entre les deux, le tiers étendu ajoute le vol et l’incendie.
Le tous risques couvre-t-il une chute sans tiers ?
Oui, et c’est même sa principale utilité à moto. La garantie dommages tous accidents joue quelle que soit la cause, y compris une chute seule sur gravillon ou une moto renversée à l’arrêt. Aucune formule au tiers, même étendue, ne couvre ce cas.
À partir de quelle valeur de moto faut-il passer au tous risques ?
Il n’existe pas de seuil universel. Le repère utile est la capacité à racheter la moto sans mise en difficulté financière. En dessous, le tiers ou le tiers étendu suffit ; au-dessus, le tous risques protège un capital difficilement remplaçable.
Le tiers étendu vaut-il le coup ?
Souvent oui, en particulier si la moto stationne dehors. Il ajoute le vol et l’incendie, les deux sinistres les plus fréquents hors accident, pour un surcoût nettement inférieur à celui du tous risques.
Peut-on changer de formule en cours de contrat ?
En général oui, en contactant son assureur. Le changement de formule est fréquent après un changement de moto, un déménagement modifiant le lieu de stationnement, ou simplement en fin d’année quand la valeur de la machine a baissé.
Quel assureur propose la gradation la plus fine ?
Les spécialistes du deux-roues. AMV découpe son offre en quatre formules progressives, de la responsabilité civile aux dommages tous accidents, ce qui permet de caler la couverture sur la valeur réelle de la moto. La Mutuelle des Motards et April Moto proposent des approches comparables.