En bref

  • Le bonus-malus est un coefficient qui part de 1 et qui multiplie la prime de référence. Il baisse de 5 % par année sans accident responsable, il monte de 25 % à chaque accident responsable.
  • Le plancher est fixé à 0,50, soit une réduction maximale de 50 %. Une fois atteint, le coefficient ne peut plus baisser.
  • Après un sinistre responsable, le coefficient revient à 1 au bout de deux années sans nouvel accident responsable.
  • Les cyclomoteurs et les motocyclettes légères sont exclus du système légal. Un 50 cm³ ou une 125 ne relèvent pas du coefficient réglementaire, même si l’assureur peut appliquer sa propre grille.
  • Le coefficient suit le conducteur, pas la moto. Le relevé d’information annuel en fait la preuve auprès de n’importe quel assureur.

Le bonus-malus est le mécanisme le plus commenté de l’assurance moto et l’un des plus mal compris. On lui prête des effets qu’il n’a pas, on ignore souvent qu’une partie du parc deux-roues y échappe, et on confond régulièrement le coefficient réglementaire avec les remises commerciales d’un assureur. Voici ce que dit la règle, chiffres à l’appui.

Le calcul en un tableau

SituationEffet sur le coefficientCalcul
Une année sans accident responsable-5 %coefficient × 0,95
Un accident responsable+25 %coefficient × 1,25
Un accident en responsabilité partagée+12,5 %coefficient × 1,125
Un accident non responsableaucuncoefficient inchangé
Deux ans sans accident responsable après un malusretour à 1descente rapide
Plancher atteint0,50ne peut plus baisser

Le coefficient obtenu est arrondi par défaut à deux chiffres après la virgule. Un motard à 0,76 qui passe une année sans sinistre responsable se retrouve donc à 0,72, et non à 0,722.

Comment se calcule le coefficient, année après année

À la souscription du premier contrat, le coefficient vaut 1. La prime payée est exactement la prime de référence calculée par l’assureur pour le profil et la machine.

Chaque année sans accident responsable, ce coefficient est multiplié par 0,95. La première année fait passer à 0,95, la deuxième à 0,90, la troisième à 0,85. La mécanique est multiplicative et non additive, ce qui explique que la baisse ralentisse avec le temps.

La réduction maximale est fixée à 50 %, soit un coefficient de 0,50. Il faut treize années sans sinistre responsable pour l’atteindre. Une fois là, le coefficient ne descend plus, quelle que soit la suite du parcours.

C’est le point que beaucoup de motards manquent : passé le plancher, une année sans sinistre n’apporte plus rien sur le coefficient. Le seul levier restant sur la prime devient le contrat lui-même, sa formule et ses options, ce qui renvoie à l’arbitrage entre les formules au tiers et tous risques.

Ce qui fait monter le malus

Chaque accident responsable multiplie le coefficient par 1,25. Un motard à 0,80 qui cause un accident passe à 1, celui qui était à 1 passe à 1,25.

Quand la responsabilité est partagée entre les conducteurs impliqués, la majoration est divisée par deux et tombe à 12,5 %, soit un coefficient multiplié par 1,125.

Un accident dans lequel votre responsabilité n’est pas engagée n’a aucun effet. C’est une source de confusion fréquente : être impliqué dans un sinistre et en être responsable sont deux choses distinctes, et seule la seconde compte dans le calcul.

Deux garde-fous existent. Le premier est la descente rapide : le coefficient revient à 1 dès que deux années consécutives se passent sans accident responsable, y compris après plusieurs sinistres. Le second concerne les meilleurs profils, un motard qui détient un coefficient de 0,50 depuis au moins trois ans ne subit pas de malus lors de son premier accident responsable.

Les deux-roues que la loi exclut du bonus-malus

C’est l’angle mort du sujet, et il concerne une grande partie du parc. Le système du bonus-malus s’applique à la majorité des véhicules terrestres à moteur, mais le service public en exclut explicitement plusieurs catégories, dont deux qui intéressent directement les deux-roues :

  • le cyclomoteur, c’est-à-dire le 50 cm³ ;
  • la motocyclette légère, c’est-à-dire la 125.

S’y ajoutent les quadricycles légers et lourds à moteur, ainsi que les véhicules de collection de plus de trente ans d’âge.

Concrètement, un scooter 50 ou une 125 ne relèvent pas du coefficient réglementaire. Cela ne veut pas dire que le comportement du conducteur n’a aucun effet sur son tarif : un assureur reste libre d’appliquer sa propre grille de réduction et de majoration sur ces contrats. Mais ce n’est plus le mécanisme légal, les règles varient d’une compagnie à l’autre, et il faut lire les conditions générales plutôt que de supposer. Le sujet est particulièrement sensible pour un jeune conducteur en 125, qui découvre souvent la nuance au moment de changer d’assureur.

Le coefficient suit le conducteur, pas la machine

Le bonus-malus est attaché à la personne. Il vous suit quand vous changez de moto, quand vous en possédez plusieurs, et quand vous changez de compagnie.

C’est ce qui rend le changement d’assureur possible sans repartir de zéro. Le nouvel assureur reprend le coefficient tel qu’il figure sur le relevé d’information, il ne le recalcule pas et ne l’efface pas.

Reprendre un bonus auto sur un contrat moto

La question revient systématiquement chez les motards qui roulent aussi en voiture. Il n’existe pas d’automatisme légal de transfert entre un contrat auto et un contrat moto, et la pratique dépend de l’assureur.

Certains spécialistes du deux-roues acceptent de tenir compte de l’antériorité acquise en auto au moment d’établir le tarif moto, et inversement. AMV, assureur spécialisé dans le deux-roues, traite explicitement ce cas de figure dans sa documentation. C’est un point à poser directement à la souscription, avec son relevé d’information auto en main, plutôt qu’à découvrir après coup.

Ce qui se passe si vous arrêtez d’assurer

Vendre sa moto sans en reprendre une autre interrompt le contrat, et la durée de la coupure change tout.

En dessous de trois mois d’interruption, et à condition qu’aucun sinistre responsable ne soit survenu dans l’année, vous bénéficiez quand même de l’évolution de 5 % au moment de souscrire le contrat suivant.

Au delà de trois mois, vous conservez le coefficient que vous aviez avant l’interruption. La nuance est que l’assureur peut décider de vous considérer comme un nouveau conducteur si la coupure a été très longue. Il n’existe pas de durée couperet fixée par la réglementation sur ce point, c’est une appréciation de la compagnie.

Où trouver son coefficient

Le document de référence est le relevé d’information. L’assureur le délivre chaque année à l’échéance du contrat.

Il mentionne le coefficient en cours et la liste des sinistres responsables survenus au cours des cinq périodes annuelles précédentes. C’est la seule pièce que réclame un nouvel assureur, et c’est aussi le moyen de vérifier qu’aucun sinistre n’a été imputé à tort.

Quel assureur quand on a du bonus, ou du malus

Le coefficient n’est qu’un multiplicateur. Ce qu’il multiplie, la prime de référence, varie fortement d’une compagnie à l’autre selon le modèle, la sinistralité déclarée, le lieu de stationnement, le niveau de couverture et l’antériorité du permis.

C’est là que le choix de l’assureur pèse plus que le coefficient lui-même, en particulier pour les profils que les généralistes chiffrent mal : grosses cylindrées, sportives, et conducteurs sortant d’une période de malus. AMV, spécialiste du deux-roues depuis 1974, revendique plus d’un million d’assurés et une note de 4,7 sur 5 sur Avis Vérifiés, avec plus de 350 conseillers basés à Bordeaux et quatre formules progressives allant de la responsabilité civile au tous risques.

Pour un panorama plus large des offres du marché, notre comparatif des meilleures assurances moto détaille les critères de sélection au-delà du seul tarif affiché.

Sources : Service-Public.fr, fiche F2655 « Bonus-malus (assurance automobile) », consultée le 24 août 2026.