Le malus écologique, aussi appelé malus CO2 ou écotaxe automobile, s’applique lors de la première immatriculation en France d’une voiture de tourisme jugée trop émettrice de CO2. Un second prélèvement, le malus au poids, s’y ajoute depuis 2022 pour les véhicules les plus lourds. Ce guide détaille le barème 2026, les véhicules concernés, les exonérations et réductions possibles, ainsi que les règles spécifiques aux voitures d’occasion.

Malus écologique : l’essentiel

  • Le malus CO2 2026 démarre à 108 g/km de CO2 (50 €) et grimpe jusqu’à 80 000 € au-delà de 191 g/km.
  • Le malus au poids s’ajoute à partir de 1 500 kg, avec un tarif marginal de 10 à 30 €/kg selon la tranche.
  • Exonération totale pour les véhicules 100 % électriques et hydrogène, et pour les titulaires d’une carte CMI invalidité.
  • Les deux malus cumulés ne peuvent pas dépasser le plafond du malus CO2, soit 80 000 € en 2026.
  • Aucun malus n’est dû pour les véhicules immatriculés pour la première fois il y a plus de 10 ans.

Barème du malus écologique CO2 en 2026

Le malus CO2 est calculé selon les émissions de dioxyde de carbone mesurées au cycle WLTP, exprimées en grammes par kilomètre. Le barème est revu chaque année à la hausse : en 2026, le seuil de déclenchement recule à 108 g/km, contre 118 g/km en 2024, et le plafond progresse encore. Les montants ci-dessous donnent l’ordre de grandeur applicable en 2026, à vérifier sur le barème officiel au moment de l’achat.

Émissions de CO2 (WLTP)Montant du malus 2026
107 g/km ou moins0 €
108 g/km50 €
120 g/km310 €
130 g/km983 €
140 g/km2 205 €
150 g/km4 279 €
160 g/km8 770 €
170 g/km22 380 €
180 g/km45 990 €
191 g/km79 911 €
Plus de 191 g/km80 000 € (plafond)

Entre deux paliers affichés, le montant progresse grammme par gramme selon une grille bien plus fine que ce tableau synthétique : un écart d’un seul gramme de CO2 peut faire varier la facture de plusieurs centaines d’euros une fois passé 160 g/km. Selon une étude citée par la presse automobile, environ 72 % des véhicules neufs vendus en France seraient concernés par un malus en 2026, même minime, ce qui en fait un critère à vérifier systématiquement avant un achat.

Qu’est-ce que le malus écologique et quels véhicules sont concernés ?

Le malus écologique est une taxe additionnelle au prix de la carte grise, instaurée par la loi de finances du 25 décembre 2007 et durcie presque chaque année depuis sa mise en application le 1er janvier 2008. À l’origine pensé comme le pendant du bonus écologique, il visait un nombre restreint de véhicules très émetteurs ; les seuils de déclenchement ont été abaissés année après année, si bien qu’une part croissante du marché neuf se retrouve aujourd’hui concernée, même pour un montant modeste.

Il s’applique aux véhicules de catégorie M1 (voitures particulières) lors de leur première immatriculation en France, qu’ils soient neufs ou importés de l’étranger. Sont notamment visés les véhicules de tourisme classiques, mais aussi certains camions pick-up à partir de 5 places assises, assimilés à des véhicules de tourisme au regard de cette taxe.

Les camionnettes et véhicules utilitaires de catégorie CTTE, ainsi que les véhicules aménagés pour le transport de personnes handicapées (VASP), échappent en principe à l’écotaxe au moment de leur première immatriculation. Il existe toutefois une exception à connaître : depuis le 1er juillet 2020, un véhicule utilitaire ou de société transformé en véhicule de tourisme devient redevable du malus au moment de cette transformation, et non plus seulement à sa première immatriculation d’origine. Le dispositif technique dit eCoC, qui permet de rattacher les émissions de CO2 WLTP du véhicule de base, sert alors de référence pour calculer le montant dû lors de cette reconversion.

Les voitures roulant au superéthanol E85 bénéficient d’un traitement particulier détaillé plus bas, de même que les véhicules hybrides et électriques, dont le poids des batteries influence directement le second volet de la taxe : le malus au poids.

Le malus au poids (malus masse) : un second prélèvement

Depuis 2022, un malus au poids s’ajoute au malus CO2 pour les véhicules de tourisme dont la masse en ordre de marche dépasse 1 500 kg, cette masse étant indiquée en case G de la carte grise. Son paiement intervient en même temps que celui de la carte grise, lors de l’immatriculation.

Le calcul applique un tarif marginal par tranche de poids, qui progresse à mesure que le véhicule est lourd.

Masse en ordre de marcheTarif marginal par kg
Jusqu’à 1 499 kg0 €
De 1 500 à 1 699 kg10 €
De 1 700 à 1 799 kg15 €
De 1 800 à 1 899 kg20 €
De 1 900 à 1 999 kg25 €
À partir de 2 000 kg30 €

Exemple de calcul pour un véhicule de 1 650 kg en 2026 : (1 650 moins 1 499) multiplié par 10 €, soit environ 1 510 € de malus au poids.

Exonération totale pour les véhicules électriques et hydrogène

Les véhicules fonctionnant exclusivement à l’électricité ou à l’hydrogène restent intégralement exonérés du malus au poids en 2026, quelle que soit leur masse réelle. Cette exonération a été confirmée par la loi de finances pour 2026, sans mécanisme transitoire ni abattement partiel envisagé initialement dans les premières versions du budget. Elle neutralise ainsi le surpoids structurel lié aux batteries, en particulier pour les SUV électriques.

Réduction du malus masse pour les véhicules hybrides

Les hybrides non rechargeables et les hybrides rechargeables bénéficient d’un abattement forfaitaire sur la masse retenue pour le calcul, variable selon leur autonomie électrique :

  • Véhicule hybride non rechargeable : masse réduite de 100 kg.
  • Hybride rechargeable avec une autonomie supérieure à 50 km : masse réduite de 200 kg, dans la limite de 15 % de la masse totale.
  • Hybride rechargeable avec une autonomie inférieure à 50 km : masse réduite de 100 kg.

Dans tous les cas, le cumul du malus CO2 et du malus au poids pour un même véhicule ne peut jamais dépasser le plafond du malus CO2, soit 80 000 € en 2026.

Bonus écologique et malus écologique : quelle différence ?

Le bonus écologique et le malus écologique forment en théorie les deux faces d’un même dispositif : le premier récompense financièrement l’achat d’un véhicule peu émetteur, le second pénalise l’achat d’un véhicule très émetteur. Dans les faits, les deux mécanismes ont pris des trajectoires très différentes ces dernières années.

Le malus concerne un périmètre de véhicules de plus en plus large à mesure que son seuil de déclenchement recule, pendant que le bonus écologique s’est au contraire resserré : il est réservé depuis 2024 aux particuliers sous conditions de ressources pour l’achat d’un véhicule électrique neuf, et les personnes morales (entreprises, associations, collectivités) en ont été exclues depuis le 2 décembre 2024, de même que la prime à la conversion. Un même véhicule ne peut donc jamais cumuler bonus et malus : un véhicule électrique neuf peut ouvrir droit au bonus pour un particulier éligible, tandis qu’un modèle thermique très émetteur reste soumis au malus, sans aucun dispositif inverse pour en atténuer le coût.

Qui est exonéré du malus écologique ?

Trois situations donnent droit à une exonération totale du malus, qu’il s’agisse du malus CO2 ou du malus au poids :

  • Les véhicules de tourisme accessibles en fauteuil roulant.
  • Les véhicules dont le propriétaire, ou le locataire en longue durée d’au moins 2 ans, est titulaire d’une carte mobilité inclusion (CMI) mention invalidité, d’une carte d’invalidité militaire, ou dont un enfant à charge possède l’une de ces cartes.
  • Les véhicules fonctionnant uniquement à l’électricité et à l’hydrogène, pour les deux volets du malus.

Un malus payé à tort dans l’une de ces situations peut faire l’objet d’une demande de remboursement auprès de l’administration fiscale, justificatifs à l’appui.

Réductions partielles : superéthanol E85 et familles nombreuses

Au delà des exonérations totales, deux situations ouvrent droit à une réduction partielle du malus CO2, sans l’annuler complètement.

Un véhicule fonctionnant au superéthanol E85 et n’émettant pas plus de 250 g de CO2 par kilomètre bénéficie d’un abattement de 40 % sur le taux d’émission retenu pour le calcul du malus, ou d’une réduction de 2 chevaux fiscaux si le barème applicable est basé sur la puissance administrative. Concrètement, un véhicule mesuré à 200 g/km sera taxé comme s’il en émettait 120. Cette réduction est en principe appliquée directement lors du calcul, et à défaut peut faire l’objet d’une demande de remboursement partiel.

Les foyers ayant la charge effective et permanente d’au moins trois enfants bénéficient également d’une réduction, pour un véhicule de tourisme de 5 places ou plus acquis ou loué en longue durée, dans la limite d’un seul véhicule par foyer tous les 2 ans. Sont pris en compte les enfants rattachés au foyer au titre des prestations familiales ainsi que les enfants placés.

Le malus écologique sur une voiture d’occasion

Les règles diffèrent sensiblement selon qu’une voiture d’occasion a déjà été immatriculée en France ou qu’elle est importée de l’étranger.

Pour un véhicule déjà immatriculé en France, aucun nouveau malus n’est en principe dû lors d’un changement de propriétaire : le malus a déjà été réglé par le premier acquéreur lors de la première immatriculation. Depuis le 1er janvier 2025, une exception existe toutefois pour les véhicules qui avaient initialement bénéficié d’une exonération et qui perdent cette qualification, par exemple à la suite d’une transformation technique faisant sortir le véhicule de sa catégorie d’origine.

La décote de 10 % par an

Pour un véhicule importé d’occasion, qu’il vienne de l’étranger ou qu’il soit immatriculé pour la première fois en France après avoir circulé ailleurs, le calcul du malus se base sur le barème en vigueur à la date de sa première immatriculation, avec une décote de 10 % par année écoulée depuis cette date. Un nouveau mode de calcul, introduit par la loi de finances 2025 et applicable depuis le 1er mars 2025, précise un coefficient forfaitaire de décote valable jusqu’au 31 décembre 2026.

Aucun malus pour les véhicules immatriculés avant 2015

Au delà de 10 ans d’ancienneté, c’est à dire pour tout véhicule dont la première immatriculation remonte à plus de 10 ans, aucun malus n’est dû, quel que soit le niveau d’émissions de CO2 du véhicule. Ce seuil s’applique aussi bien aux véhicules achetés en France qu’aux véhicules importés.

Comment est calculé le malus : la norme WLTP

Depuis 2021, le calcul du malus CO2 repose sur la norme WLTP (Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedure), qui a remplacé l’ancien cycle européen NEDC. Ce protocole de test, plus proche des conditions de conduite réelles, prend en compte des facteurs comme le poids des options installées sur le véhicule, ce qui explique pourquoi deux exemplaires du même modèle peuvent afficher des taux de CO2 légèrement différents selon leur niveau d’équipement.

Pour un véhicule qui avait été immatriculé une première fois avant le passage au WLTP, c’est le barème et la norme en vigueur à sa date de première immatriculation qui s’appliquent en cas de reconversion ultérieure, avec la décote évoquée plus haut. Les automobilistes qui comparent plusieurs modèles avant un achat ont également intérêt à vérifier l’écart entre l’autonomie annoncée et l’autonomie réelle d’une voiture électrique, un sujet distinct du malus mais tout aussi déterminant dans le choix final.

Malus écologique et entreprises : flotte, bonus supprimé et aides restantes

Le malus écologique s’applique aux entreprises exactement selon les mêmes règles qu’aux particuliers, sans régime dérogatoire propre au statut professionnel. Pour une flotte automobile, il représente un coût d’acquisition à intégrer dès la phase de sélection des modèles, au même titre que l’amortissement ou la taxe sur les véhicules de société, un prélèvement annuel distinct qui s’ajoute au malus payé une seule fois à l’achat.

Depuis le 2 décembre 2024, les personnes morales ne peuvent plus bénéficier du bonus écologique ni de la prime à la conversion pour l’achat d’un véhicule neuf. En contrepartie, elles peuvent mobiliser depuis le 30 décembre 2024 les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) pour l’achat ou la location longue durée d’un véhicule électrique, ainsi que certaines aides régionales selon les territoires. À titre indicatif, les primes CEE versées dans le réseau d’un grand constructeur s’échelonnaient fin 2024 entre 320 et 535 euros par véhicule électrique léger, selon la taille de la flotte de l’entreprise bénéficiaire ou de la collectivité concernée.

Pour une flotte qui renouvelle régulièrement ses véhicules, intégrer le malus écologique dès la définition de la politique automobile (la car policy) permet d’orienter les choix vers des modèles qui limitent la double peine du malus CO2 et du malus au poids. Passer par un leasing voiture électrique permet aussi, pour une entreprise comme pour un particulier, d’éviter purement et simplement les deux malus, puisque les véhicules électriques en sont totalement exonérés, contrairement à un modèle thermique ou hybride équivalent en gamme.

Comment et quand payer le malus écologique

Le malus écologique se règle en une seule fois, au moment de la première immatriculation du véhicule, en même temps que le prix d’une carte grise. Pour un achat neuf chez un concessionnaire, c’est généralement le professionnel qui intègre directement le montant du malus dans le prix total facturé avant de procéder à l’immatriculation.

En cas d’achat entre particuliers d’un véhicule importé, ou dans toute situation où le malus n’a pas été prélevé automatiquement, c’est à l’acheteur d’effectuer la démarche et le paiement directement sur le site de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), au moment de la demande de certificat d’immatriculation. Un malus mal calculé ou prélevé par erreur, par exemple dans une situation d’exonération non prise en compte, peut faire l’objet d’une demande de remboursement a posteriori auprès de l’administration fiscale, sur présentation des justificatifs liés au véhicule et, le cas échéant, à la situation du titulaire.

Avant de se décider entre plusieurs modèles proches en émissions, mieux vaut aussi comparer leur budget global, par exemple via le comparatif des voitures électriques pas chères, qui échappent de toute façon à ce malus. Pour un modèle encore hésitant entre plusieurs motorisations, le montant du malus CO2 affiché sur la fiche technique du constructeur, avant même la visite chez le concessionnaire, reste le moyen le plus rapide d’écarter d’emblée les versions les plus pénalisées.

Questions fréquentes

Quel est le barème du malus écologique CO2 en 2026 ?

Le malus démarre à 50 euros pour un véhicule émettant 108 g de CO2 par kilomètre et augmente fortement par palier jusqu’à 80 000 euros au-delà de 191 g/km. En dessous de 108 g/km, aucun malus CO2 n’est dû.

Quel est le montant maximum du malus écologique ?

Le plafond du malus CO2 est fixé à 80 000 euros en 2026 et doit passer à 90 000 euros en 2027. Ce plafond s’applique aussi au cumul du malus CO2 et du malus au poids pour un même véhicule : la somme des deux ne peut jamais le dépasser.

Le malus écologique s'applique-t-il aux voitures d'occasion ?

En principe non pour une occasion déjà immatriculée en France, sauf cas particulier de transformation d’un véhicule utilitaire en véhicule de tourisme. Une voiture importée d’occasion reste en revanche soumise au barème en vigueur à sa date de première immatriculation, avec une décote de 10 % par année écoulée, et aucun malus n’est dû au-delà de 10 ans d’ancienneté.

Comment éviter de payer le malus écologique ?

Les véhicules 100 % électriques ou à hydrogène en sont totalement exonérés, tout comme les véhicules adaptés au fauteuil roulant ou les foyers titulaires d’une carte CMI invalidité. Un véhicule au superéthanol E85 émettant jusqu’à 250 g/km bénéficie d’un abattement de 40 % sur son taux de CO2 retenu pour le calcul.

Qui doit payer le malus écologique ?

Le malus est dû par l’acheteur d’un véhicule de tourisme neuf lors de sa première immatriculation en France, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’une entreprise. Il est généralement intégré par le concessionnaire dans le prix total de la carte grise, ou réglé directement sur le site de l’ANTS en cas d’achat entre particuliers d’un véhicule importé.

Le malus écologique s'applique-t-il en plus du malus au poids ?

Oui, les deux prélèvements sont cumulatifs et s’additionnent pour les véhicules de tourisme les plus lourds et les plus émetteurs. Les véhicules 100 % électriques et hydrogène échappent toutefois entièrement au malus au poids, quelle que soit leur masse.